Kitesurf en Vendée : le vent regarde aussi sa montre
L’hiver cumule les relevés ventés. L’été révèle un autre rythme : l’après-midi change la donne. Seize années de mesures, trois stations et un almanach à explorer.
Publié le · Lecture 8 min
Par Vendéedata · Mis à jour le

À Noirmoutier, la fréquence du vent à 12 nœuds passe presque du simple au triple entre matin et après-midi d’été.
8–11 h face à 14–17 h · juin–août 2010–2025.
485 sur 5 886 relevés le matin ; 1 428 sur 5 887 l’après-midi.
Le sac est prêt, l’aile aussi. Reste la question qui occupe les conversations de plage : quand le vent est-il au rendez-vous en Vendée ? La réponse tient en deux temps. Sur l’ensemble de la journée, l’hiver est nettement plus venté. Mais pour comprendre l’été, regarder le calendrier ne suffit pas : il faut aussi regarder l’heure.
Nous avons relu 419 570 observations horaires Météo-France, de 2010 à 2025, à Noirmoutier, sur l’Île d’Yeu et à Château-d’Olonne, dans l’actuelle commune des Sables-d’Olonne. Trois points de mesure pour comparer les rythmes du littoral, sans les confondre avec trois spots de kitesurf.
L’hiver gagne le match du volume
À Noirmoutier, le vent atteint au moins 12 nœuds dans 30,5 % des relevés d’hiver, contre 13,6 % en été. L’Île d’Yeu présente le même contraste, avec 37,8 % contre 13,9 %. La nuit compte ici autant que le jour.
Plus de vent en hiver, aux trois stations
| Station | Hiver | Été | Relevés hiver / été |
|---|---|---|---|
| Noirmoutier | 30,5 % | 13,6 % | 34 546 / 35 304 |
| Île d’Yeu | 37,8 % | 13,9 % | 34 623 / 35 303 |
| Les Sables-d’Olonne | 17,9 % | 7,7 % | 34 611 / 35 308 |
Ce résultat résiste au changement de curseur : aux cinq seuils étudiés, de 10 à 20 nœuds, l’hiver dépasse l’été aux trois stations sur les seize années. À 12 nœuds, il le fait aussi chaque année de 2010 à 2025. Le constat est solide dans ce périmètre. Il ne dit rien, à lui seul, du confort ou de la sécurité d’une sortie hivernale.
L’été, le rendez-vous se décale
La moyenne d’été écrase un contraste intéressant. À Noirmoutier, entre 8 h et 11 h, seulement 8,2 % des relevés atteignent 12 nœuds. Entre 14 h et 17 h, la part monte à 24,3 %. Le mois donne l’ambiance ; l’heure change la lecture.
Le vent a ses saisons.
Et ses heures.
Les trois stations sont regroupées au départ. Vous pouvez ensuite isoler une station et changer le seuil. Chaque case indique la part des relevés qui atteignent ce seuil, pour un mois et une heure locale.
Noirmoutier, Île d’Yeu et Les Sables-d’Olonne : les relevés au seuil sont additionnés, puis divisés par le total des relevés valides. Chaque mesure compte une fois. Ce regroupement n’est ni une moyenne spatiale de la Vendée, ni une probabilité de vent simultané aux trois stations.
3. Touchez une case ou explorez avec les flèches du clavier. Sur petit écran, faites défiler la matrice horizontalement. Heures de Paris, changement d’heure inclus.
375 sur 1 486 relevés exploitables.
Couverture : 99,9 % des 1 488 créneaux attendus.
Les cases affichent un pourcentage arrondi à l’unité ; le détail ci-dessus donne le décompte et une décimale. Échelle fixe de 0 à 100 % pour comparer les stations et les seuils.
La journée d’été, heure par heure
Sur les trois stations regroupées, le maximum observé pour ce seuil se situe à 17 h (23,4 %). Il s’agit d’une fréquence calculée sur 16 étés.
Direction d’origine la plus fréquente en été, tous vents non nuls avec direction exploitable : O, 25,9 % sur 105 231 relevés. Ce n’est pas une orientation conseillée pour une plage.
Lire les valeurs sous forme de tableaux
| Mois | 0 h | 1 h | 2 h | 3 h | 4 h | 5 h | 6 h | 7 h | 8 h | 9 h | 10 h | 11 h | 12 h | 13 h | 14 h | 15 h | 16 h | 17 h | 18 h | 19 h | 20 h | 21 h | 22 h | 23 h |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Janvier | 26 % | 25,6 % | 24,9 % | 24,4 % | 25 % | 25,1 % | 25,7 % | 26,3 % | 25,7 % | 26,1 % | 26,1 % | 27,8 % | 30,8 % | 30,7 % | 31,7 % | 31,2 % | 30,2 % | 29 % | 27,3 % | 27,1 % | 26,5 % | 27,6 % | 27,7 % | 26,8 % |
| Février | 23,4 % | 23,7 % | 24,6 % | 25 % | 25,3 % | 26 % | 26 % | 27,1 % | 27,6 % | 26,6 % | 29,6 % | 31,7 % | 33,4 % | 34,8 % | 36,5 % | 34,7 % | 33,3 % | 30 % | 27,9 % | 24,6 % | 24,9 % | 23,5 % | 23,5 % | 23,2 % |
| Mars | 18,9 % | 19,9 % | 19,4 % | 20,3 % | 19,5 % | 20,1 % | 21,3 % | 19,7 % | 20,6 % | 22,9 % | 26 % | 27,5 % | 29,8 % | 30,5 % | 30,3 % | 30,3 % | 28,9 % | 25,8 % | 23,4 % | 20 % | 18,9 % | 19,5 % | 20,4 % | 18,8 % |
| Avril | 15,7 % | 15,1 % | 14,8 % | 16,3 % | 15,7 % | 15,4 % | 16,1 % | 15,5 % | 15 % | 15,8 % | 17,3 % | 19,2 % | 19,7 % | 22 % | 22,6 % | 23,8 % | 24,3 % | 24,7 % | 24 % | 22 % | 17,2 % | 13,8 % | 12,8 % | 14,1 % |
| Mai | 11,4 % | 11,7 % | 11,4 % | 11,8 % | 11,9 % | 12,8 % | 11,9 % | 12,4 % | 12 % | 13,5 % | 14,8 % | 16,9 % | 19,3 % | 22,8 % | 24,1 % | 26,4 % | 27,5 % | 28,2 % | 27,5 % | 24,3 % | 19,4 % | 12,9 % | 10,6 % | 10,7 % |
| Juin | 9,2 % | 9,1 % | 8,4 % | 8,2 % | 7,7 % | 8,5 % | 7,9 % | 7,5 % | 7,3 % | 9,2 % | 10,2 % | 9,9 % | 12,6 % | 13,5 % | 15,4 % | 16,8 % | 18,6 % | 21,5 % | 21,9 % | 20,1 % | 16,8 % | 12 % | 9,7 % | 9,2 % |
| Juillet | 7,9 % | 8,8 % | 8,5 % | 8,1 % | 7,7 % | 7,3 % | 6,9 % | 5,1 % | 5,7 % | 6,9 % | 7,9 % | 9,3 % | 10,9 % | 13,9 % | 18,2 % | 21,6 % | 25,2 % | 27,5 % | 27,7 % | 25,1 % | 19,8 % | 13,1 % | 10 % | 8,7 % |
| Août | 6,2 % | 5,4 % | 6,1 % | 6,7 % | 6,4 % | 5,9 % | 5,9 % | 5,3 % | 5,5 % | 6,1 % | 7,1 % | 8,1 % | 10,1 % | 13 % | 14,8 % | 16,6 % | 19,5 % | 21,2 % | 20 % | 16,5 % | 13,9 % | 8,3 % | 6,4 % | 5,9 % |
| Septembre | 10,4 % | 9,7 % | 10,4 % | 9,9 % | 9,9 % | 9,4 % | 9,6 % | 9,8 % | 9,7 % | 10 % | 11 % | 12,2 % | 14,7 % | 16,4 % | 17,8 % | 17,9 % | 19 % | 21,1 % | 19,9 % | 16 % | 12,8 % | 11,3 % | 10,3 % | 10,6 % |
| Octobre | 18,8 % | 18,2 % | 18,2 % | 17,4 % | 18,5 % | 18,9 % | 18,4 % | 16,4 % | 16,6 % | 16,8 % | 18,4 % | 19,5 % | 22,1 % | 24,4 % | 25,6 % | 26 % | 24,2 % | 23,8 % | 22,1 % | 19,2 % | 17,4 % | 17,4 % | 18,3 % | 18,2 % |
| Novembre | 26,8 % | 26,8 % | 26,7 % | 27,3 % | 27,3 % | 27,3 % | 27,9 % | 27,8 % | 28,3 % | 28,2 % | 28,8 % | 31,9 % | 32,5 % | 33,3 % | 33 % | 31,5 % | 29,4 % | 27,7 % | 27,1 % | 26,1 % | 27,6 % | 26 % | 25,1 % | 25,7 % |
| Décembre | 29,9 % | 28,7 % | 30,4 % | 30,5 % | 30,4 % | 30,7 % | 29,6 % | 28,5 % | 29,9 % | 29,8 % | 30,8 % | 31,8 % | 34,6 % | 34,9 % | 34,2 % | 34,9 % | 33,8 % | 31,4 % | 31 % | 30,4 % | 29,7 % | 28,9 % | 29 % | 29,6 % |
| Heure | Relevés au seuil | Relevés valides | Part |
|---|---|---|---|
| 0 h | 342 | 4413 | 7,7 % |
| 1 h | 343 | 4414 | 7,8 % |
| 2 h | 336 | 4412 | 7,6 % |
| 3 h | 338 | 4411 | 7,7 % |
| 4 h | 319 | 4411 | 7,2 % |
| 5 h | 318 | 4412 | 7,2 % |
| 6 h | 304 | 4410 | 6,9 % |
| 7 h | 263 | 4410 | 6 % |
| 8 h | 272 | 4412 | 6,2 % |
| 9 h | 325 | 4415 | 7,4 % |
| 10 h | 368 | 4414 | 8,3 % |
| 11 h | 400 | 4410 | 9,1 % |
| 12 h | 493 | 4413 | 11,2 % |
| 13 h | 595 | 4414 | 13,5 % |
| 14 h | 713 | 4415 | 16,1 % |
| 15 h | 810 | 4413 | 18,4 % |
| 16 h | 933 | 4414 | 21,1 % |
| 17 h | 1035 | 4416 | 23,4 % |
| 18 h | 1026 | 4415 | 23,2 % |
| 19 h | 907 | 4414 | 20,5 % |
| 20 h | 742 | 4415 | 16,8 % |
| 21 h | 491 | 4414 | 11,1 % |
| 22 h | 384 | 4413 | 8,7 % |
| 23 h | 350 | 4415 | 7,9 % |
Les seuils de l’almanach sont des outils de comparaison, pas des plages de pratique recommandées. Passez de 12 à 15 nœuds : à Noirmoutier, la fréquence des après-midi d’été tombe de 24,3 % à 7,9 %. « Un peu plus de vent » change beaucoup le nombre de relevés concernés.
Trois stations, trois nuances
L’Île d’Yeu arrive devant Noirmoutier sur la fréquence annuelle à 12 nœuds : 25,7 % contre 21,5 %. Mais sur le créneau 14–17 h en été, l’ordre s’inverse : 24,3 % à Noirmoutier, contre 18,2 % sur l’île. Un palmarès annuel aurait raté cette différence.
Le contraste matin / après-midi, en été
| Station | 8–11 h | 14–17 h | Écart |
|---|---|---|---|
| Noirmoutier | 8,2 % | 24,3 % | +16 points |
| Île d’Yeu | 10,7 % | 18,2 % | +7,4 points |
| Les Sables-d’Olonne | 4,2 % | 16,9 % | +12,7 points |
Et l’horloge n’est pas une loi. À 12 nœuds, le créneau d’après-midi dépasse celui du matin pendant chacun des seize étés à Noirmoutier et à Château-d’Olonne, mais seulement quinze étés sur seize à l’Île d’Yeu. 2020 fait exception. Les années particulières existent derrière la courbe moyenne.
Le « thermique », ce vent qui naît du contraste
Sur la plage, on parle souvent du « thermique ». Dans ce contexte, il s’agit de la brise de mer : un vent local lié à la différence de réchauffement entre la terre et l’eau. La mer change de température plus lentement que le sol. Par une journée favorable, ce décalage peut mettre l’air en circulation.
Le mouvement ne se limite pas à une flèche horizontale. L’air réchauffé au-dessus des terres s’élève ; près de la surface, l’air maritime gagne le continent. Un retour en altitude complète la circulation idéale. La nuit, le contraste peut s’inverser et une brise de terre apparaître.
Le soleil fabrique
un vent local.
Changez de moment, puis suivez l’air. Une coupe du littoral pour comprendre les brises thermiques.
La brise arrive au sol
Le contraste de pression met l’air en mouvement : l’air maritime, plus frais, gagne les terres.
Schéma pédagogique, sans échelle de température, de vitesse ou de distance. Les flèches montrent un mécanisme idéal ; leurs dimensions et leur animation ne représentent aucune mesure. La brise nocturne n’est pas systématique.
Et quand le vent général s’en mêle ?
Le vent lié aux dépressions et aux anticyclones se combine à la circulation locale. Il peut en modifier la direction, l’intensité ou l’installation. Un après-midi ensoleillé ne garantit donc pas une brise exploitable.
Figer le mouvement et lire toute l’explication
Le jour
- Deux surfaces, deux rythmes. Sous le soleil, le sol se réchauffe plus vite que la mer. Le contraste thermique se construit.
- L’air s’élève. L’air réchauffé au-dessus des terres devient moins dense. Une ascendance se développe.
- La brise arrive au sol. Le contraste de pression met l’air en mouvement : l’air maritime, plus frais, gagne les terres.
- Un retour en altitude. Dans cette coupe idéale, un courant de retour vers la mer complète la circulation.
Le soir
- Le soleil décline. Le sol reçoit moins d’énergie et commence à se refroidir.
- Le contraste évolue. La différence thermique entre terre et mer se réduit ; l’ascendance diurne peut faiblir.
- Une transition, pas une horloge. La brise de mer peut s’atténuer. Le passage au régime nocturne n’est ni immédiat ni assuré.
- Le vent général reste présent. Une baisse de la composante thermique ne signifie pas forcément un calme sur la plage.
La nuit
- Le sol refroidit plus vite. La terre peut devenir plus froide que la mer, dont la température varie plus lentement.
- Le côté relativement chaud change. L’eau peut alors entretenir un air relativement plus chaud : l’ascendance se situe côté mer dans cette coupe idéale.
- Le flux au sol s’inverse. Si les conditions le permettent, la brise de terre souffle vers la mer. Elle est généralement plus faible que la brise diurne.
- Une autre boucle possible. Un retour vers les terres apparaît en altitude dans le schéma. Le vent réel peut être bien plus complexe.
Un mécanisme connu. Une attribution à vérifier.
Le renforcement diurne observé est compatible avec un rôle des circulations côtières, dont les brises de mer. Mais cette analyse ne sépare pas ces mécanismes des perturbations et des autres situations météorologiques. Pour attribuer le contraste à la brise, il faudrait notamment croiser les vents avec les températures et les situations de pression. Les horaires décrivent un rythme ; ils n’en prouvent pas la cause.
Les directions apportent un autre morceau du tableau : l’almanach indique le secteur d’origine le plus fréquent en été pour chaque station. Une direction d’ouest signifie que le vent vient de l’ouest. Son effet sur une plage dépend de l’orientation de cette plage, du relief et des obstacles : la rose d’une station n’est pas une consigne de navigation.
Un almanach n’est pas un feu vert
Atteindre 12 nœuds lors d’un relevé ne signifie pas disposer d’une heure entière de vent régulier, encore moins d’une session navigable. La mesure porte sur dix minutes. Nous ne comptons ici ni les rafales, ni les vagues, ni les marées, ni les périodes de jour. Le matériel, le niveau du pratiquant et les conditions locales ne sont pas évalués.
Avant une sortie, il reste nécessaire de consulter la météo actualisée, les consignes locales et les informations d’une structure compétente sur le site. La FFVoile décrit précisément ce rôle d’information et de sécurisation des pratiques. Cette page sert à explorer seize années passées, pas à décider d’une mise à l’eau.
Comment nous avons compté
Le périmètre va du 1er janvier 2010 à 0 h UTC au 1er janvier 2026 à 0 h UTC, borne finale exclue. Les observations sont regroupées en heure de Paris, avec les changements d’heure. L’extrait contient 420 646 lignes ; 419 570 ont une vitesse de vent exploitable. Pour chaque case, le dénominateur est le nombre de mesures valides, et non un nombre théorique de jours.
Mise à jour du 13 septembre 2026 : l’analyse passe de dix à seize années complètes, avec 2010–2014 et 2025 en plus. Elle compte 157 286 relevés exploitables supplémentaires. L’année 2026, encore incomplète, n’entre pas dans les comparaisons saisonnières.
Les codes qualité 0 et 1 désignent des données protégées ou validées ; le code 9 correspond au premier niveau de filtrage. Les autres codes et les vitesses absentes sont exclus. Refaire la fréquence annuelle à 12 nœuds sans le code 9 change le résultat de moins de 0,1 point à chaque station.
La couverture globale est de 99,7 % des créneaux attendus. Les lacunes restent visibles dans le détail de chaque case. Ces seize années constituent une description de la période, pas une normale climatique sur trente ans, une prévision ni une mesure d’évolution du climat. Les différences d’exposition des stations limitent aussi les comparaisons entre sites.
Télécharger les 1 152 cases (stations et ensemble) et leurs dénominateurs (CSV)
Lire la méthode complète et reproduire les calculs
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